Les préjugés

En anticipation à la semaine de sensibilisation aux maladies mentale 2017, qui se déroulera du 1er au 7 octobre prochains, sous le slogan Améliorer la sensibilisation et mettre un terme à la stigmatisation!, je vous offre un petit texte sur les préjugés et la stigmatisation des troubles de santé mentale.

Tout d’abord, voici deux définitions :

Préjugé : Un préjugé est une idée préconçue. Porter un préjugé face à quelqu’un ou quelque chose, c’est de porter un jugement sans faits précis. Les préjugés sont souvent imposés par le milieu, la culture ou l’éducation.

Stigmatisation : La stigmatisation consiste en l’acte de stigmatiser, soit de blâmer, de dénoncer ou de critiquer publiquement un acte ou une personne. Les caractéristiques, les comportements, les déficiences et les handicaps sont vus d’une manière très négative et considérés comme une marque d’infériorité. La stigmatisation est due, entre autres, par la présence de préjugés et le manque d’information.  

Les gens atteints de maladie mentale sont souvent victimes de préjugés qui mènent à la stigmatisation et à la discrimination. De nombreux préjugés existent, comme par exemple croire que les gens atteints de schizophrénie sont des gens violents, que les personnes dépressives manquent de volonté, que les personnes anxieuses ont une faible personnalité, que les personnes bipolaires sont difficiles à gérer, ou que les gens atteints du trouble de la personnalité limite (borderline) sont des gens manipulateurs.

Les préjugés mènent à des comportements de stigmatisation et de discrimination tels une diminution des contacts avec les personnes atteintes de maladie mentale, une diminution des chances d’obtenir un emploie ou une promotion au travail, des interventions moins rapides de la part des intervenants en santé, une diminution des chances d’obtenir un logement, etc.  

Les préjugés on un impact majeur sur les gens atteints de maladie mentale. Souvent, les gens ne consulteront pas pour leur problème de santé et n’iront pas chercher l’aide dont ils ont besoin. Les préjugés ont également un impacte sur l’estime de soi de la personne et peuvent conduire à la dévalorisation, à l’isolement et à des sentiments de honte ou de gêne.

Pour combattre les préjugés, il faut mieux informer les gens au sujet de la maladie mentale et des différents troubles associés. Diverses organisations existent afin de présenter de l’information sur ce sujet. Voici donc quelques-unes de ces organisations, ainsi que l’adresse de leur site web.

Gouvernement du Québec – Portail santé mieux-être : Informations sur la santé mentale en générale et sur divers troubles de santé mentale.  http://sante.gouv.qc.ca/dossiers/dossier-sante-mentale/

Centre universitaire en santé mentale Douglas : Informations sur divers sujets en santé mentale. http://www.douglas.qc.ca/info_sante/troubles

Revivre - Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles: pour les troubles anxieux, dépressifs et bipolaires. http://www.revivre.org/

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Pour terminer, voici quelques statistiques sur les problèmes de santé mentale et le suicide :

  • Au Canada, une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie1;
  • Au Québec, à chaque jour, il y a en moyenne trois personnes qui se suicide et huit personnes qui sont hospitalisées car elles  ont tenté de le faire2;
  • Au Canada, 90% des personnes qui se sont suicidés souffraient d’un trouble de santé mentale ou de dépendance3;
  • La dépression est la maladie la plus courante chez les personnes qui meurent par suicide3;
  • Au Québec, une proportion de 12 % de la population souffrira de dépression au cours de sa vie4;
  • Au Québec, le trouble bipolaire touche 1 à 2 % de la population4;
  • Au Québec, une proportion de 9 % de la population souffrira d’un trouble anxieux au cours de sa vie4;
  • Au Canada, la schizophrénie touche 1 % de la population5;
  • Le quart des tentatives de suicides sont effectuées par des gens atteints d’un trouble de personnalité limite6;
  • Une proportion de 65 % des gens atteints d’un trouble de personnalité limite font une tentative de suicide6;
  • Une proportion de 9 % des gens atteints d’un trouble de personnalité limite complètent un suicide6;
  • Une proportion de 50 % des patients suicidaires avec plus de trois visites à l’urgence sont des gens atteints par un trouble de personnalité limite6;

1 Source : Instituts de recherche en santé du Canada – Centre de toxicomanie et de santé mentale

2 Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec – Santé publique, Idées suicidaires et tentatives de suicide au Québec, collection des données à l’action, édition 2012

3 Source : Statistique Canada – Coup d’œil sur la santé

4 Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadienne – Santé mentale 2012

5 Source : Association canadienne de la santé mentale

6 Source : ALPABEM – Trouble de la personnalité limite, état actuel des connaissances. Conférence par M. Pierre David, md psychiatre, de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM)